Véronique
ou comment une fleur raconte des histoires.
Evidemment, que j’ai déjà vu cette fleur. Je la voyais depuis des années, sans demander son nom. Plus tard encore, j’ai appris que son nom était un prénom. Et l’année suivante, cette année, je me suis vraiment intéressée à la Véronique. La nature, elle, n’attend pas, chaque année la même ritournelle, et par son effet répétitif, elle m’emmène dans des découvertes étonnantes.
J’ai toujours un pincement au coeur quand je cueille une fleur. Mais devant une telle profusion…je n’ai pas pu résister. Muscaris, véroniques, fleurs d’amandier, violettes, primevères, cardamines, aubriètes, pissenlits, lamiers, euphorbes… J’ai ramassé un petit bouquet.
Une fois mon désir satisfait, mon petit bouquet dans un petit pot à lait, je remarque au bout de quelques minutes qu’une fleur est tombée…
C’était drôle comment mon cerveau m’a sorti cette association. Je me souvenais vaguement de l’histoire, je me souviens que j’ai aimé ce livre. Mais rien de plus précis.
Alors j’ai mis la fleur entre les pages dans mon carnet pour lui assurer l’éternité ( oui, rien que ça). Quand j’ai vu le résultat, c’était tellement beau, que dans mes désirs capitalistes, j’ai voulu démultiplier les précieux exemplaires.
Donc, je suis allée ramasser un autre petit bouquet, cette fois-ci exclusivement de véroniques. J’ai enlevé d’un geste doux une dizaine de têtes et je les ai mis entre les pages d’un gros dictionnaire sur une feuille de papier toilette. Jamais le papier toilette n’a accueilli autant de beauté en son sein.
Après cet acte (à mon sens, barbare), j’ai pas pu jeter tout de suite les tiges garnies de feuilles verdoyantes. Je les ai ajouté à mon premier bouquet.
Le lendemain c’était mon anniversaire, j’ai regardé mon pot et j’ai eu un cri de surprise ! Véronique a ressuscité !!! J’avais devant moi les tiges avec des fleurs ! Miracle ! Non. Car il y avait aussi des boutons de fleurs avec leurs calices qui ressemblent aux traces de sabots de cochons. Je ne savais pas que les véroniques pouvait tenir en bouquet. Maintenant si !
Pour célébrer ce miracle, j’ai fait des recherches sur Véronique et j’ai appris grâce à Wikipédia plein de choses passionnantes.
Véronique, Véronne ou Bérénice est un personnage de l'époque néotestamentaire, dont l'histoire se répand entre les VIIe et VIIIe siècles. Dans sa version la plus connue, il s'agit d'une femme pieuse de Jérusalem qui, poussée par la compassion lorsque Jésus-Christ portait sa croix au Golgotha, lui donna son voile pour qu'il pût s'essuyer le front. Jésus accepta et, après s'en être servi, le lui rendit avec l'image de son visage qui s'y était miraculeusement imprimée (d'où la croyance dans le « voile de Véronique », à ne pas confondre avec le Mandylion et encore moins avec le Saint-Suaire).
L'étymologie populaire a ensuite rapproché le nom de Véronique des mots latins qui signifient « vraie » (vera) et « image » (icon, -is, fém).
Quand j’était petite, je me souviens de lire avec passion un article dans un revue “scientifique” (je me souviens plus lequel) sur le linceul du Christ. Et voilà qu’une petite fleur me ramène ce souvenir.
Et surtout on a appelé cette fleur comme ça car elle aussi représente un visage. La paréïdolie , quand tu nous tiens !!! Fleur, visage, tout ce que j’adore !
Et quand j’ai déplié mon papier toilette, j’ai effectivement, vu plein de joyeux visages, dont un , vraiment parfait, iconique !
Alors, là, cette histoire où tout communique, m’a fait ramasser un troisième bouquet !
Jamais deux sans trois, ou comme disent les russes : бог любит троицу ( dieu aime la trinité) .
Et c’est alors, que j’ai fait mon dessin pour mon petit réel sur Instagram (avec le matériel que j’ai trouvé chez Rougier & Plé au boulevard de Filles de Calvaire, la colline où Jésus a été crucifié, selon les évangiles.)
L’histoire se termine à mon retour sur ma terrasse où je découvre un pot rempli de véroniques, je ne sais pas comment elles sont arrivées là. Comment ne pas penser à un autre oeuvre de Paolo Coelho “L’alchimiste” .
Cette fleur est tellement agréable à dessiner avec ses petites rayures. Essayez !
J’ai utilisé l’aquarelle Kuretake n°61 Outremer Clair et les crayons de couleurs de Caran d’Ache.
(。✿‿✿。)
Vous pouvez également télécharger ce dessin par ici . Merci beaucoup !











Tellement charmant ! Tu me donnes envie de dessiner des fleurs, d’avoir de nouveau un herbier, et surtout d’apprendre leurs noms ! Veronique ou le vrai plaisir du printemps :)
Les petits bouquets des fleurs des jardins sont les plus jolis !